« Un article remarquable, un entretien de haute volée… une bombe à retardement »

C’est en ces termes que M. R.-H. Legret qualifie l’article dans lequel nous exposions la situation actuelle de la France quant à la vie autonome.

Sans volonté politique affirmée, rien ne se fera, nous en sommes conscients. 

 

Monsieur Legret continuait en ces termes :

Enfin un échange, sans langue de bois, qui nous dit la réalité d’une situation que beaucoup de nos compatriotes sont très loin d’imaginer.

A partir du moment où un Délégué Interministériel est nommé, des Associations, des « Institutions », des « représentants » existent. De bonne foi on croit que l’on s’occupe réellement des individus et que l’on consacre un maximum de moyens à re-socialiser, à mettre au travail, à faire suivre un cursus, à faire gagner ou retrouver son autonomie à une personne qui a eu un accident ou une maladie et puis, on aperçoit que non.

Désillusion, qui ne va que croissant au fil de la lecture.

Toutefois, on comprend bien dans l’échange et entre les lignes que ces « institutions » s’arrogent surtout le droit de maintenir un statu quo politico-administratif pour préserver leurs intérêts financiers au détriment de la qualité de vivre des personnes et de leur mission [première]… à contrario de ce qui se passe en Europe et dans d’autres pays.

Cet entretien est une bombe à retardement.

Que fait l’Europe? Que fait le Ministère de la Solidarité – Santé ? Le Secrétaire d’Etat aux Personnes Handicapées ? Que fait l’IGAS ? Qui demande des comptes REELS à ces gestionnaires ? Que font-ils avec les dotations ? Comment sont-elles utilisées ? Quel pourcentage est réellement consacré à l’amélioration de la qualité de vie des personnes handicapées ? Quelle est la part du coût de fonctionnement administratif et opérationnel (en regard de la dotation) ? Combien de personnes handicapées sont elles privées d’autonomie en France ? Quelle est la part consacrée au foncier ? Quel est le patrimoine réel de ces « institutions » ? Quelle est la part de l’entretien de celui-ci ? Existe t-il in ratio de dotation à la personne ?

Qu’a-t-on fait du volet Social (Art. 1 à 33 reprise de 1933), de la Constitution de la V° République ???

Ici comme ailleurs, on ne peut que déplorer que la velléité du discours s’arrête à la gestion et à la défense -au petit pied- d’acquis corporatistes et d’intérêts particuliers qu’il ne faut pas confondre avec l’intérêt général (qui n’est que la somme des intérêts particuliers, d’avec le bien commun.

C’est à la fois navrant, affligeant, attristant, peinant, consternant, décevant, atterrant, révoltant, désolant, contrariant, alarmant, lamentable et fâcheux de constater que d’aucuns se sont construit un business en parfaite impunité tout en s’éloignant de leur mission,

A n’en pas douter, comme partout, il y a, sans doute, une minorité de gens exceptionnels qui réalisent un travail de fond remarquable et qui pâtissent de la situation parce qu’ils n’ont pas la taille leur permettant d’aller plus loin…

Et, il y a ceux pour qui les handicapés ne sont que des produits financiers.

Double punition, non ! Double peine.

Il est grand temps de rectifier cet état de fait, d’arrêter de ratiociner sur des éléments du passé. Il faut créer les conditions d’évolution et de faire rapidement émerger un système à l’avant garde de ce qui se pratique ailleurs.

A l’heure du changement de paradigme, la France se doit de rayonner, au moins dans ce domaine, dans le cadre de cette société qui se veut « inclusive » issue de la Patrie des Droits de l’Homme.

Curieuse époque !

Curieuse époque où l’on nous parle de responsabilité sociétale, mais où l’homme oublie ses devoirs élémentaires (la Fraternité, la solidarité).

Curieuse époque où l’on nous parle du gaspillage alimentaire mais où personne ne parle du gaspillage humain. Curieuse époque où l’on nous parle du réchauffement climatique, mais où personne ne parle de notre entrée dans une période de glaciation des cœurs.

C’est Mozart qu’on assassine ! En privant sciemment de chance des êtres humains qui pourraient développer des dons et être utiles à leur Pays, ce sont effectivement des humains que l’on casse.

Où en seraient-ils tous ces « gestionnaires » s’ils n’avaient eu cette chance de décider pour les autres et de les priver d’un facteur réel de réalisation et d’épanouissement ???

Je me rappelle de cette jeune étudiante tétraplégique qui ne pouvait accéder à sa FAC et a eu beaucoup de mal à suivre un cursus de droit. C’est évident, qu’elle ne pourra probablement pas « monter » en procès devant une cour et plaider. Toutefois, qui nous dit qu’elle ne pourra pas devenir une excellente juriste, auteur de plusieurs jurisprudences et unanimement respectée dans son domaine ?

Où est passée l’Egalité Républicaine ? (Réf. à l’Article 1 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen – 26 août 1789).
Ainsi c’est devenu ça mon Pays ?

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