Une action contre l’exclusion et pour la vie autonome

Nos politiques ont perdu de vue que le handicap ne se résume pas à des allocations, à une prise en charge médicale (pour certains), mais bien à l’accès à l’école, à une formation professionnelle de qualité, à un emploi en milieu ordinaire, à une vie digne et à une société accessible à l’ensemble de ses citoyens.

Stéphane FORGERON

Très tôt ce mercredi 21 juin, à Marseille, une maman du Vaucluse –lasse de se battre, usée par les espoirs déçus et les promesses non tenues depuis 2001– s’est mise en position de danger en escaladant une grue de chantier pour que sa fille Mary ne soit pas exclue de la société mais puisse mener une vie autonome et pour bénéficier de séjours de répit.

Cette action comme celles de très nombreuses familles à Brest, Paris, Strasbourg… en appelle à l’opinion publique*. 

Geste non anodin chez cette personne fatiguée et déterminée. Infirmière de nuit aux urgences, Stella s’escrime dans la journée à débrouiller un dossier face à une véritable pétaudière administrative. Elle ne peut non plus, se faire opérer pour ne pas rester éloignée de son domicile trop longtemps.

Mais revenons en à l’étape la plus récente du parcours de Stella. Le 12 juin dernier, accompagnée du représentant de LADAPT (RR) du Vaucluse, elle rencontre 2 représentants de l’ARS du Vaucluse, 4 représentants de l’ESAT où travaille Mary. Elle sort de ce rendez-vous quelque peu rassurée : la directrice de l’ARS s’y est engagée à trouver le financement de séjours de répit et à mettre un éducateur spécialisé à la disposition de Mary. Las, ce ne furent que quatre jours de répit pour cette famille puisque Mary réintégrait l’ESAT dans une ambiance survoltée.

Suite à cette nouvelle déception s’en est suivie une action menée avec le coeur par le Collectif Citoyen Handicap (CCH). Les propos exprimés avec passion des communiqués expédiés dans un très court délai avant l’opération ont fait penser à une intervention « coup de poing ». La presse est restée dans l’interrogation quand l’administration a répondu promptement, utilisant par réaction des propos parfois violents sinon malheureux à entendre tels « Faîtes la descendre de gré ou de force. C’est une récidiviste. Elle est dangereuse et doit être internée ». Propos recueillis qui semblent plus destinés à l’usage interne qu’à une diffusion générale.

Dans tout dossier une communication maîtrisée, une connaissance des cibles est nécessaire à une bonne information. Ici, les médias sociaux se sont très vite enflammés allant même jusqu’à critiquer une presse « aux ordres du pouvoir », quand elle se faisait l’écho de l’événement, non dans l’immédiateté voulue par les organisateurs, mais avec les délais nécessaires à un travail de journaliste. Citons, France 3 Provence, La Provence (locale ci-dessous et blog), DICI… 

 

Opinion publique peu au fait de la situation paradoxale de notre pays qui consacre plus de deux points de son PIB en aides directes (estimation 43 MD€ e n 2014) pour le financement du handicap et non des personnes handicapées.

**Dans nombre de pays, les personnes lourdement handicapées (ex. polyhandicap, déficience intellectuelle) vivent au coeur de la cité, la société ayant réaffecté les budgets du secteur protégé vers des dispositifs de droit commun.

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1 comment for “Une action contre l’exclusion et pour la vie autonome

  1. tortes saint jammes
    2 juillet 2017 at 15 h 49 min

    Etre obligée d’en arriver là c’est quand même un peu fort pour un pays dont la devis se termine par Fraternité. Quelle monde construisons nous ? Déjà, être décrit comme « valide » ou « validé » en fait, divise de facto la société, on dirait le temps ou les « faibles » étaient laissés à l’écart pour mourrir, tout le sens de notre société est de construire un monde meilleur et plus évolué, loin des barbarisme sociaux primitifs, je soutiens l’action de cette mère courage qui lutte pour son enfant.

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