Bonduelle, le handicap démystifié

Sous l’appellation Handipol, Bonduelle s’est engagé dans l’emploi de travailleurs handicapés. Il en compte en France une proportion de 8 %. Le site historique du groupe a été récompensé en 2015 par le prix Essec « emploi et développement des hommes » pour sa démarche auprès des déficients intellectuels.

Le taux d’emploi de travailleurs porteurs d’un handicap est plus élevé chez Bonduelle que la moyenne ou que les minimas légaux. Quels sont les postes de travail concernés par le recrutement de personnes handicapées ?

Stéphan Fertikh : Nous avons fait le choix d’offrir aux salariés porteurs d’un handicap l’ensemble des postes disponibles dans le groupe. Étant donné notre métier, nous disposons de plus de postes dans nos usines, mais c’est bien l’ensemble des postes qui sont proposés.

Pourquoi votre site de Renescure (Nord), récompensé par l’Essec, a-t-il choisi de s’intéresser au handicap mental ?

S.F. : Notre objectif était de démystifier la perception du handicap sous toutes ses formes, le fait qu’un handicap mental ne puisse pas se percevoir nous paraissait répondre à notre attente. Ce projet y a répondu bien au-delà de ce qu’on pouvait espérer, puisqu’il a été le point de départ d’un grand nombre d’initiatives.

Les emplois créés relèvent-ils d’une « convention d’accompagnement », le salarié demeurant rattaché à son « établissement et service d’aide par le travail » (Esat) d’origine ?

S.F. : Depuis le début du projet, l’objectif était de titulariser en CDI les salariés porteurs de handicap, néanmoins leur place a été maintenue à l’Esat pendant une année, pour permettre leur retour dans l’hypothèse où le projet n’aurait pas été un succès.

En quoi la « diversité » est-elle, au-delà des obligations légales en matière d’emploi, du domaine de la responsabilité de l’entreprise ?

S.F. : Nous considérons chez Bonduelle que la diversité est une richesse ; l’intégration des personnes porteuses de handicap n’en est qu’un volet. Nous favorisons la diversité notamment dans nos valeurs et dans notre charte éthique.

Vous indiquez que la démarche est due à la DRH du groupe et à la direction du site de production. Y a-t-il de nombreux salariés volontaires pour parrainer de nouveaux employés handicapés ?

S.F. : La démarche est à l’initiative de la direction du site, qui a invité les instances représentatives du personnel et de l’Esat à se joindre au projet. Sur le site de Renescure, une quinzaine de collaborateurs se sont portés volontaires pour être formés et pour accompagner les salariés porteurs de handicap. Un tuteur a été choisi pour chacun de ceux-ci. Les salariés tuteurs ont ensuite été formés pendant un mois à l’Esat, afin de faciliter l’intégration de nos futurs salariés.

Quel a été l’accueil de cette initiative par les syndicats de salariés ?

S.F. : L’accueil du projet par les représentants du personnel a été très favorable. Eux comme l’ensemble des collaborateurs se sont sentis concernés et se sont engagés pleinement dans le projet. Le sujet du handicap peut toucher les collaborateurs à titre aussi bien personnel que professionnel.

Cette démarche va-t-elle concerner d’autres sites que celui de Renescure ?

S.F. : Depuis le lancement du projet à Renescure, un kit de tutorat a été mis en place, afin d’être déployé dans l’ensemble du groupe. Il est utilisé notamment en France et au Canada.

Propos recueillis par Jean. Watin-Augouard

Entretien avec Stéphan Fertikh, DRH Fresh Europe et responsable RH au comité de pilotage développement durable du groupe Bonduelle

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